Je ne décris ici que mon petit séjour à Kaboul. Je parlerai du Nord de l' Afghanistan dans un autre article.

La première chose qui frappe lorsqu'on arrive à Kaboul, est les dispositifs de sécurité. De nombreux policiers à plusieurs check-points, des gardes armés derrière leurs postes protégés par fils barbelés devant chaque banque, chaque ambassade, chaque bâtiment officiel. Bon la photo ci-dessous est ratée, mais c'est la seule que j'ai pour illustrer ces propos. En regardant bien, on peut voir un bout du garde qui vient juste de se cacher.

Kaboul

Les règles de sécurités sont évidemment plus strictes qu'au Tadjikistan. Pas le droit de se promener à pied dans la ville par exemple. J'ai ainsi passé la (quasi) totalité de mon séjour dans la capitale soit au bureau, soit à la guesthouse, soit dans la voiture faisant le trajet entre guesthouse et bureau... Interdiction formelle de se rendre dans le sud du pays (là où ont été capturés les deux français travaillant pour l' ONG "Terre d'enfance"), couvre feu à 23h. Les expats ont tous deux téléphones portables avec deux opérateurs différents, et également un talky walky. La tension est donc vraiment palpable, et l'on a tendance à devenir paranoïaque : un soir, nous avons entendu le tonnerre, et avons tous cru à un attentat avant de nous rendre compte qu'il s'agissait d'un orage :) . Autre exemple concernant la sécurité : un matin alors que nous allions au bureau, le chauffeur emprunte une route différente. On m'explique alors que devant nous roulait un convoi diplomatique. Or ces convois sont souvent la cible d'attentats, donc on les évite. Sympa. Un autre matin, nous avons dû rester à la guesthouse : interdiction de sortir jusqu'à nouvel ordre. Apparemment, il y avait eu une explosion quelque part...

Les expats sur place m'ont expliqué quels étaient les principaux dangers à Kaboul :

  • les attentats évidemment : la plupart se déroule le samedi matin dans les marchés. Donc il "suffit" d'éviter les marchés et les samedis.
  • les tirs de roquettes : la nuit, tiré du haut des collines. Ils visent les ambassades ou autre bâtiments officiels, mais sont très approximatifs et peuvent atterrir dans votre jardin. Il n'y en a pas eu durant mon séjour.
  • les enlèvements : pas tellement à Kaboul. Surtout sur les routes dans le sud du pays.

Dans la ville, et ailleurs en Afghanistan, on peut croiser la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF, l'armée de l'OTAN) . Impressionnant il faut dire. Les voitures qui roulent en sens inverse du convoi militaire doivent se pousser sur le côté de la route pour les laisser passer, et elles doivent le faire rapidement car les militaires roulent vite et ne s'arrêtent pas. Les voitures qui roulent dans la même direction doivent absolument garder leurs distances avec les blindés sous peine de se faire tirer dessus, par crainte des attentats suicide. Je les ai pris en photo :)

ISAF

ISAF

La deuxième chose qui m'a frappé lors de mon arrivée, est la condition des femmes en Afghanistan. La majorité d'entre elles portent la burka. Je trouve qu'elles ressemblent à des fantômes dans cette tenue. Les autres, expatriées comprises, portant au moins un simple voile et des vêtements amples et longs afin de cacher les formes :( . Au décollage à Douchanbé, toutes les têtes étaient nues, dès l'atterrissage à Kaboul les femmes se sont couvertes la tête. Lors de mon premier jour au bureau, on me présente la responsable financière, femme afghane. En bon occidental ignorant, je lui tends la main. Elle ne bouge pas et m'explique gentiment qu'elle ne peut pas toucher les hommes. Heureusement que je n'ai pas essayé de lui faire la bise...

Burka

La ville elle même fait très pauvre, et est très poussiéreuse. Les gens aspergent les routes d'eau pour réduire la poussière. Mais plutôt que de descriptions bidons, je poste quelques photos :

Kaboul

Kaboul

Kaboul

Ci-dessous, on passe à côté d'un marché aux bêtes.

Kaboul

Même si les talibans ne contrôlent plus le nord du pays, les femmes portent toujours la burka, et l'alcool est interdit. On peut certes en trouver dans les restaurants, mais les restaurateurs ne serviront de l'alcool qu'aux étrangers. Par ailleurs, c'est très cher. Les afghans avec qui j'ai discuté m'enviaient toujours lorsque je leur racontais que j'étais basé à Douchanbé au Tadjikistan, parce que l'alcool y est accessible et peu cher...